Melon sous serre : semis, entretien et récolte
Le melon est un de ces fruits d’été que l’on retrouve sur toutes les tables dès le mois de juin. Car comment résister à sa saveur si sucrée et sa fraîcheur si agréable ? Même si la culture du melon n’est pas des plus faciles, elle est tout de même à la portée de n’importe quel jardinier qui suit les conseils que nous allons vous partager dans cet article.

Pourquoi cultiver du melon ?
Tout le monde connaît le melon, mais peut-être ignorez-vous certaines de ses particularités. C’est un fruit de la même famille que la courgette et le concombre, la famille des cucurbitacées. Il existe plusieurs centaines de variétés de melons, de couleur et de forme différentes, mais aussi de taille plus ou moins grosse et avec des goûts plus ou moins sucrés. L’une des variétés les plus connues et les plus appréciées en France est le melon charentais qui, contrairement à ce que son nom pourrait laisser entendre, ne vient pas forcément de Charente. On peut bien évidemment cultiver du melon en Charente, mais en ce qui concerne le melon charentais jaune, il est aussi cultivé dans le Sud-Est et le Centre. Quant au vert, la plupart du temps, la production nous vient d’Espagne et du Maroc. La plante possède de larges feuilles recouvertes de duvet, rampe au sol et peut vite devenir envahissante, selon l’espace dont vous disposez et les cultures environnantes. A table, le melon se marie aussi bien avec du salé qu’avec du sucré, du jambon, du fromage… C’est un fruit peu calorique, ce qui est logique puisqu’il est composé principalement d’eau, et très rafraîchissant. Il est riche en antioxydants, en vitamines A et C, en calcium et en potassium, ce qui en fait un bon allié pour notre santé.
Que faut-il au melon pour bien se développer ?
Le melon est une plante qui a besoin de beaucoup de chaleur, de lumière et d’eau. Et de place ! Comme nous l’avons évoqué plus haut, c’est une plante qui peut vite envahir le potager. Contrairement au concombre, ses tiges ne sont pas volubiles, c'est-à-dire qu’elles ne s’enrouleront pas toutes seules sur un support pour y monter. Mais cela peut être fait si on lui donne un coup de pouce, permettant de gagner de la place en la faisant pousser à la verticale sur un treillis par exemple. Le melon apprécie la chaleur, il lui faut une température élevée pour une croissance optimale, et du soleil direct, mais il faut éviter le vent. On peut cultiver du melon du printemps à l’automne, mais la plupart des cultures se font sous abri, surtout si elles sont effectuées tôt ou dans les régions les plus fraîches. Le melon est donc une plante potagère que l’on peut tout à fait cultiver sous serre, et qui aura de ce fait plus de chance de réussir. En l’absence de serre, on peut les placer sous de simples abris chenilles, ou les cultiver en plein air.
En ce qui concerne le sol, il est préférable de planter le melon dans une terre bien riche, et bien drainé. Mais à choisir entre un sol sableux et un sol argileux, le melon se trouvera mieux dans un sol argileux, qui sera moins drainant mais plus fertile et bien frais.
Si vous préférez semer vos propres graines, une température située entre 25 et 35°C sera nécessaire pour une bonne germination, et elle ne devra pas descendre en dessous de 15°C (attention aux nuits fraîches !).
Les graines commercialisées dans les magasins sont toutes des hybrides F1, autrement dit des croisements entre plusieurs espèces effectués scientifiquement afin de sélectionner les meilleures caractéristiques des unes et des autres et de créer une nouvelle espèce plus résistante, plus belle, plus productive, ou encore meilleure au goût.
Enfin, le melon étant très gourmand, notre conseil est de ne pas le planter à côté d’un autre légume exigeant, notamment ses cousins et cousines cucurbitacées, au risque que l’un d’entre eux manquent de nutriments, mais également pour limiter la transmission de maladies spécifiques à cette famille végétale.
Quand et comment semer et repiquer des melons sous serre de jardin ?
Le melon n’est pas vraiment dans le top 10 des fruits et légumes faciles à cultiver au jardin, mais cela ne veut pas dire que c’est impossible. Comme vous l’avez compris, si vous disposez d’une serre tunnel de jardin, celle-ci va vous garantir des conditions de culture adaptées, alors n’hésitez pas à placer votre melon sous serre.

Le semis de melon
Si vous avez le courage de vous lancer dans vos propres semis de melon, un abri vous sera indispensable. En effet, il faudra à tout prix protéger ceux-ci des variations de température. Le semis se fera au printemps, de mars à mai. Respecter ce calendrier des semis est essentiel pour obtenir un résultat. Pour le reste, rien de compliqué, pas de technique spécifique ou de matériel précis. On procède comme on le ferait pour la tomate ou le concombre : on sème une graine ou deux à 1 cm de profondeur dans un godet rempli de terreau basique, on recouvre, on tasse légèrement la terre et on arrose avec parcimonie, afin que le substrat soit humide. Et bien sûr, on installe tout ce beau monde en plein soleil. Si plusieurs graines germent dans un même godet, on conservera la plus vigoureuse des jeunes pousses, au stade 3 ou 4 feuilles.
La plantation des melons
La plantation, ou le repiquage si vous avez effectué vos propres semis, s’effectue à partir de la mi-mai, afin d’éviter les risques de gelées. Cela correspond à peu près à un mois après semis. Si vous avez plusieurs plants, espacez-les d’au moins 1 m pour une question de place, mais aussi pour limiter les transmissions de maladies et l’appauvrissement trop rapide du sol. Creusez des trous de 40 cm dans lesquels vous ajouterez du compost avant d’y installer vos plants, puis recouvrez de terre délicatement avant d’arroser.
Quel entretien pour le melon sous serre ?
Question arrosage, le melon est comme beaucoup d’autres : il n’aime pas être mouillé. On veillera donc à ne pas arroser son feuillage. L’arrosage devra être très abondant et fréquent. Sous une serre pour potager, il ne devra pas manquer d’eau, on pourra éventuellement le protéger d’un paillage organique pour conserver l’humidité et prévenir la sécheresse du sol qui lui serait fatale.
Epandre de la cendre de bois autour de vos pieds éloignera limaces et escargots si ceux-ci sont trop nombreux et voraces. Quant aux insectes, pucerons et tétranyque tisserand sont susceptibles de fragiliser vos plants et de leur transmettre des bactéries et virus. Pour l’un comme pour l’autre, éliminez les feuilles envahies et pulvérisez du savon noir dilué à 10%. L’utilisation de coccinelles comme prédateurs est une autre solution naturelle pour réguler leurs populations.
L’un des avantages à cultiver en plein air plutôt que faire pousser dans une serre, c’est la circulation de l’air. En effet, en installant vos melons à l’abri, il faudra accorder une attention particulière à la ventilation. Aérer quotidiennement la serre en ouvrant systématiquement est indispensable, afin de limiter la propagation de maladies telles que l’oïdium ou le mildiou.
Il est nécessaire de tailler le melon pour obtenir une bonne récolte. Pour ce faire, au stade 4 feuilles, on taille le haut de la tige, ce qui va provoquer le développement d’une tige secondaire.
Faut-il polliniser les melons manuellement sous serre et comment faire ?
Le melon, comme les autres cucurbitacées, présente une spécificité que la plupart des végétaux n’ont pas : c’est une plante monoïque. Alors que les autres végétaux sont hermaphrodites, c'est-à-dire qu’ils possèdent des fleurs qui sont mâles et femelles à la fois, les plantes monoïques ont des fleurs mâles, et des fleurs femelles. Il faut donc que le pollen issu des étamines des fleurs mâles puisse aller dans les pistils des fleurs femelles pour donner un fruit. L’aide des insectes pollinisateurs est indispensable. De plus, les fleurs mâles, sur le melon, sont situées sur la tige principale, et les fleurs femelles sur toutes les autres, et n’éclosent donc pas nécessairement en même temps. La taille décrite plus haut permet de stimuler la pousse de ces tiges secondaires afin que les fleurs femelles arrivent plus tôt et que la reproduction puisse se faire. Chez de nombreuses espèces, la fleur femelle ne reste ouverte qu’une journée, ce qui laisse peu de marge aux insectes pour la pollinisation. Il est alors possible de les polliniser manuellement pour augmenter les chances de fructification. Pour ce faire, prélevez le pollen des fleurs mâles avec un pinceau (celles qui n’ont pas de renflement à leur base), et appliquez-le sur le stigmate d’une fleur femelle, si possible sur un pied différent d’une même espèce.

Grâce à tous ces conseils, vous allez pouvoir cultiver de beaux melons sous serre. Il ne vous restera alors plus qu’à les cueillir lorsqu’ils seront à pleine maturité (un indice : leur couleur changera alors légèrement) et à vous régaler !
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