Punaises de jardin, le guide complet pour les gérer
Les punaises de jardin peuvent parfois devenir gênantes, pour diverses raisons, que ce soit au jardin ou dans les maisons. Étant donné qu’il vaut mieux prévenir que guérir, faisons le point sur cet insecte et ses particularités, voyons quels dégâts la punaise peut causer, et comment limiter sa prolifération, ou l’éliminer si elle a déjà élu domicile et qu’elle est réellement problématique.

Comment reconnaître les punaises de jardin ?
Vous ne savez pas ce qu’est une punaise ? Voici sa description : une tête, un thorax et un abdomen, six pattes, quatre ailes et des antennes, nous avons bien affaire à un insecte. Des ailes courtes, mais une paire d’ailes rigides à la base et membraneuses ensuite, et une autre paire sans partie rigide : la punaise est un hétéroptère. Elle possède également un rostre au niveau de la tête, qui lui sert à piquer, percer et sucer tiges, feuilles ou fruits pour se nourrir de la sève, une glande pour produire une odeur nauséabonde afin de se défendre, et une partie plus développée sur son thorax, que l’on appelle le scutellum. Sur les plus de 45 000 espèces qui existent dans le monde, peu d’entre elles sont nuisibles. La punaise verte ponctuée, les punaises des choux, ou encore la punaise diabolique sont les plus problématiques. La punaise des bois, elle aussi verte, la punaise arlequin, rouge et noire à rayures, ainsi que le pyrrhocore (que vous connaissez sous le nom de « gendarme »),sont en revanche inoffensifs, comme la grande majorité de leurs congénères.
Quels dommages peuvent-elles causer ?
Les punaises de jardin se nourrissent, pour la plupart des espèces, de plantes. Chaque espèce a ses cultures de prédilection, ainsi la punaise verte ponctuée affectionne particulièrement les tomates et les aubergines, la punaise des baies préfère les petits fruits, d’autres se délecteront des crucifères (choux et compagnie), tandis que la punaise diabolique apprécie de nombreux végétaux, fleurs, fruits ou légumes. En s’attaquant aux cultures de votre potager ou de votre jardin, les punaises peuvent y provoquer des dégâts :tâches sur les fruits, changement de coloration, déformations, dessèchement, chutes de feuilles, ralentissement de croissance…mais aussi transmission de maladies en injectant des bactéries lors du piquage de la plante.
L’importance de ces dégâts est proportionnelle à celle de la population de punaises présente : une dizaine d’insectes ne poseront pas de problème, alors que plusieurs centaines d’individus deviendront des insectes ravageurs. La punaise diabolique, venue d’Asie, s’est beaucoup répandue en France ces dernières années, du fait qu’elle n’a pas de prédateurs ici contrairement à dans son pays d’origine. Elle apprécie un grand nombre de cultures et dérange donc beaucoup de jardiniers amateurs comme professionnels. Par ailleurs, bien que l’on parle de punaises de « jardin », il est très fréquent de les retrouver dans les maisons, surtout à certaines périodes de l’année, et c’est parfois là qu’elles dérangent le plus. Pourtant, hormis la forte odeur nauséabonde qu’elles dégagent, elles sont inoffensives : elles ne piquent même pas ! Il est donc indispensable de réfléchir à la question de s’en débarrasser ou non avant de se lancer dans la recherche d’une solution, qu’elle soit radicale ou non.

Qu’est-ce qui les attire ?
Au jardin, vous l’aurez compris, c’est la nourriture qui les attire. C’est également au jardin que les punaises vont se reproduire, pondant leurs œufs directement sur les végétaux (le plus souvent sous les feuilles). Même s’il ne s’agit pas d’un insecte pollinisateur, la punaise est, comme beaucoup d’autres, un insecte qui aime la chaleur et le soleil. Et comme la plupart, elle va chercher un endroit à l’abri pour passer l’hiver. Quoi de mieux qu’une maison ? La moindre petite ouverture leur permet d’y rentrer (une simple fissure ou aération de fenêtre suffit). On peut en retrouver parfois dans la voiture, l’abri de jardin ou la serre tunnel de jardin si on en possède une. Leur présence est plus marquée à certaines périodes :comme il y a un calendrier des semis, il y a aussi un calendrier des punaises ! Elles se manifestent au potager en début de printemps, pondent leurs œufs vers le début de l’été, et se réfugient dans les maisons à l’automne. Vous avez l’impression d’en voir de plus en plus d’années en année ? Vous ne rêvez pas. En plus de la punaise diabolique qui se reproduit à vitesse grand V en l’absence de prédateurs naturels, la plupart des espèces profitent du réchauffement climatique qui leur permet une période d’activité plus longue et une zone de colonisation toujours plus importante.
Quelles sont les méthodes de prévention les plus efficaces ?
Comme nous l’avons vu plus haut, une ou deux punaises ne seront pas problématiques, il faut simplement limiter leur nombre avant que la situation ne dégénère. De plus, prévenir plutôt que guérir vous fera gagner du temps et de l’énergie, peut-être même de l’argent. Il existe pour cela plusieurs solutions.
Prévenir l’invasion de punaises au jardin
Les punaises de jardin viennent au potager pour s’y nourrir. Mais elles sont plus attirées par les fruits bien mûrs, car ils ont un parfum plus marqué, et qu’ils sont plus faciles à transpercer. Nous vous conseillons donc de récolter vos fruits dès qu’ils arrivent à maturité, et de ne pas en laisser traîner au sol.
Si le risque est important dans votre cas, l’astuce de la barrière physique est efficace, bien qu’un peu fastidieuse à mettre en place. Par barrière physique, on entend filet anti-insecte. En effet, un filet à mailles très fines, disposé sur la totalité de vos cultures, et bien installé, empêchera toute intrusion des punaises. Cette méthode est plus facilement applicable si vous utilisez une serre pour potager : dans ce cas, la serre constitue déjà en elle-même une barrière physique, et il suffit de protéger les ouvertures. Vous pouvez également cultiver des plantes répulsives, comme l’ail, la menthe ou encore l’absinthe, qui limiteront le nombre de punaises, ou les utiliser en purin.
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Eviter les punaises dans la maison
Pour ce qui est de la maison, vous pouvez localiser les points d’entrée des punaises, les boucher si c’est possible, et installer des filets ou des moustiquaires dans le cas contraire, notamment aux portes et fenêtres.

Comment se débarrasser des punaises sans produits chimiques ?
Les méthodes listées plus haut n’ont pas fonctionné et vous êtes envahi ? Voyons comment vous allez pouvoir vous débarrasser de toutes ces punaises de jardin qui menacent vos cultures.
Le problème des solutions classiques
Les solutions chimiques vendues dans le commerce, répulsives ou insecticides, que ce soit pour tuer les guêpes et les frelons, lutter contre les fourmis ou pour éradiquer d’autres insectes, ont généralement une bonne efficacité. Toutefois, elles ne sont bonnes ni pour nous, ni pour l’environnement, ni pour les autres insectes, ni pour les plantes alentour. Encore pire si ces produits sont utilisés dans la maison, puisque vous êtes alors en première ligne.
Le retrait manuel
La solution la plus simple est de les retirer manuellement, surtout s’il y en a peu. On peut aussi le faire, à l’intérieur ou au jardin, à l’aide d’un aspirateur. Bien sûr il faut retirer aussi bien les punaises adultes que les larves ou les œufs. Il y a également des produits naturels que vous pouvez utiliser, qui seront à la fois économiques, faciles à faire ou à se procurer, et sans danger.
La terre de diatomée
Cette poudre abrasive provenant de fossiles d’organismes marins tue de nombreux insectes par assèchement et par altération de leur exosquelette. Il suffit de la saupoudrer partout où vous constatez leur présence.
Le savon noir
Un mélange d’eau et de savon noir, à raison d’un litre d’eau pour environ cinq cuillères à soupe de savon, vaporisé directement sur les punaises, permet de les éliminer rapidement. Ce mélange peut être utilisé aussi bien sur vos plantes qu’aux abords de la maison ou à l’intérieur de celle-ci, ou encore dans les serres de jardin.
Les pièges à phéromones
Il s’agit de petites boîtes dans lesquelles on place des phéromones de punaises, et dont la forme est pensée afin de les empêcher d’en ressortir. Les insectes indésirables passent dans le secteur, sont attirés par les phéromones, viennent sur la boîte et entrent à l’intérieur, puis sont piégés. Ces systèmes sont particulièrement efficaces, et ciblent une espèce en particulier, le plus souvent la punaise diabolique.
Les prédateurs naturels
Un prédateur naturel est un animal qui va naturellement se nourrir d’un autre animal donné. Dans le cas de la punaise, certains oiseaux ou amphibiens seront vos auxiliaires au jardin pour limiter les populations, mais également des rongeurs et quelques araignées. Mais la punaise diabolique n’a à ce jour pas de prédateur chez nous, ce qui empêche d’utiliser cette option dans ce cas précis.
Les punaises peuvent représenter une menace pour vos cultures, mais dans la plupart des cas, leur nombre n’est pas assez élevé pour constituer un réel danger. Il est donc important de réfléchir avant de vouloir sortir l’arsenal de défense, et de privilégier si possible une méthode douce de prévention.
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