La mauvaise herbe, c’est celle dont on ne veut pas. Et donc logiquement, on fait tout pour l’éliminer. En ennemie coriace, elle n’abandonne pas si facilement et revient toujours. Comment éviter que l’herbe pousse dans le potager sans dépenser trop d’énergie ?

Le désherbage classique par produit chimique

Très longtemps utilisée sans se poser de question pour désherber jardin et potager, et encore largement employée dans l’agriculture intensive, cette technique d’élimination des herbes indésirables est sûrement la plus radicale. Les produits sont formulés en laboratoire, puis fabriqués à très grande échelle, et sont composés de molécules chimiques capables de limiter voire supprimer totalement la croissance de la mauvaise herbe ou encore de la faire se déshydrater. Leur action est généralement très rapide et c’est la solution de facilité, mais ils sont assez chers. Le plus connu et vendu est le glyphosate. Mais si vous avez déjà entendu ce nom, ce n’est peut-être pas en positif. Ce type de désherbant est très controversé car il est particulièrement nocif, à la fois pour notre santé et pour l’environnement. Soupçonné de provoquer des cancers mais aussi des problèmes hormonaux, ou encore de fertilité, il est aussi responsable de la pollution des sols et par extension, des nappes phréatiques donc de l’eau que nous buvons. C’est pourquoi tous les conseils de jardinage recommandent vivement d’utiliser des solutions alternatives. Et il en existe beaucoup.

Le désherbage avec des produits naturels

C’est un autre type de désherbage chimique, mais cette fois avec des produits naturels, qui plus est à prix dérisoire et que l’on trouve dans la plupart des foyers. L’efficacité d’un produit désherbant est bien souvent proportionnelle à sa dangerosité. Par conséquent, moins nocifs, ils sont aussi moins efficaces que les désherbants industriels. Alors, quel désherbant utiliser pour le potager qui ne soit pas néfaste ? Il est possible d’éradiquer les herbes du potager avec du vinaigre blanc, en les arrosant à l’aide d’un vaporisateur. Il faut prendre garde à ne pas asperger les plantes cultivées aux alentours, car le vinaigre blanc n’étant pas sélectif, il sera aussi nocif pour elles que pour les adventices. L’eau bouillante, recyclée à la fin de la cuisson des pâtes, du riz ou des pommes de terre par exemple, peut aussi tuer les plantes dont vous ne voulez pas. Si elle est salée, c’est encore mieux, car le sel agit également comme désherbant. 

Utiliser une bâche plastique

Comment avoir un potager sans mauvaises herbes grâce à une bâche ? La technique consiste à placer un film plastique épais et occultant sur la terre. Ainsi les mauvaises herbes ne reçoivent plus ni lumière ni eau, elles vont s’affaiblir et finir par mourir. Quant aux graines, elles ne pourront pas germer. Cette solution doit être prévue en amont de la plantation de vos cultures de légumes ou de fleurs, car étaler une bâche risque d’être compliquée par la suite. Si elle n’est pas aussi nocive que l’option chimique, elle n’est toutefois pas la plus écologique. Le plastique va se détériorer avec le temps, dispersant d’infimes particules dans le sol. A utiliser de préférence quand les solutions plus respectueuses de l’environnement sont impossibles à mettre en œuvre. Quitte à étendre quelque chose au sol, autant y étendre quelque chose de plus naturel.

Mettre en place un paillage

Un paillage, dans le principe, c’est tout ce qu’on va étendre sur le sol du jardin, quelle que soit la matière, quel que soit le but. Ou plus précisément, il s’agit de la technique. Car ce qui est étendu s’appelle le paillis. On appelle cela le paillage parce qu’initialement c’était fait avec de la paille. Eh oui, car cette pratique ne date pas d’hier ! Mais n’importe quelle matière peut être employée, et même la bâche plastique mentionnée au paragraphe précédent constitue elle aussi un paillage. Il y a un grand nombre de matériaux utilisables, autant synthétiques que minéraux ou végétaux. Certains peuvent être plus efficaces que d’autres pour éliminer la mauvaise herbe, mais ils peuvent être mis en place aussi bien dans des carrés potagers, sous une serre de jardin, au pied des arbres… L’avantage des paillages végétaux par rapport aux paillages dépourvus de matières organiques est qu’ils nourrissent le sol en se décomposant, et donc par extension les racines de chaque plante aux alentours. Ils sont donc particulièrement employés en potager bio, car ils limitent l’utilisation d’engrais. Mais naturels ou synthétiques, ils sont tous plus ou moins efficaces pour protéger le sol des intempéries, conserver son humidité et fournir un abri aux animaux auxiliaires du jardin. Et bien sûr, en couche assez épaisse, pour limiter l’apparition des herbes indésirables. Les tontes de gazon, les feuilles mortes, le foin, le bois raméal fragmenté, et bien sûr la paille sont les paillages organiques les plus utilisés.

Retirer la mauvaise herbe du jardin potager grâce à un appareil thermique

Pourquoi ne pas désherber son potager en s’aidant d’un appareil qui permet de le faire sans effort ? Fonctionnant à l’électricité ou au gaz, le désherbeur thermique est un genre de pistolet au bout d’un long manche, qui produit une flamme qu’il faut diriger sur les herbes du jardin que l’on souhaite éliminer. C’est une méthode propre et efficace, mais traitant le problème plante par plante, elle peut être fastidieuse pour une grande surface. 

Semer des engrais verts

Les engrais verts, ce sont des espèces végétales que l’on plante lorsque la zone de culture est inutilisée. Car c’est souvent à cette période que l’on va un peu laisser le potager de côté, et que les mauvaises herbes vont se développer, en n’ayant aucune concurrence. Elles sont choisies en fonction de leur propension à enrichir le sol grâce au transport et à la transformation des nutriments jusqu’à leurs racines. Leur présence va fortement limiter l’arrivée et la croissance des adventices, simplement en occupant le terrain.

Les mauvaises herbes du potager, faut-il vraiment les éliminer ?

Quelle question ! Pourquoi ne pas désherber son potager ? Cela fait 25 ans que vous jardinez, et autant de temps que vous procédez au désherbage méticuleux de votre parcelle de culture ! Et pourtant, aujourd’hui, de plus en plus de jardiniers, notamment en permaculture, choisissent de laisser tranquilles ces herbes que l’on qualifie de « mauvaises ». Mais le sont-elles vraiment ? A vrai dire, non. Les adventices sont en fait des plantes sauvages qui poussent d’elles-mêmes, sans que vous n’ayez eu besoin d’effectuer de plantation ou de semis. Elles se développent à un endroit en particulier parce que tout est réuni pour qu’elles s’y plaisent, c’est en quelque sorte leur territoire. Alors pourquoi cherche-t-on tellement à s’en débarrasser ? Pour éviter qu’elles ne prélèvent trop de nutriments dans le sol au détriment de nos cultures, qu’elles leur fassent de l’ombre, ou encore par souci esthétique, dans les allées du potager ou autour de la serre tunnel… Parfois, c’est simplement par habitude, parce que justement on l’a toujours appelée mauvaise herbe sans essayer d’apprendre à la connaître. Et pourtant… ses racines peuvent contribuer à l’aération de la terre, et elle y apporte de nouveaux éléments nutritifs lorsqu’elle meurt et se décompose. Mais aussi et surtout, ces plantes spontanées sont pour la plupart des plantes sauvages comestibles ! Qualifier le pissenlit de mauvaise herbe, ou encore le mouron des oiseaux (stellaria media de son petit nom latin), et tant d’autres, est inconcevable quand on connaît la quantité de nutriments et le nombre de vertus qu’elles possèdent ! 

Les brûler, les arracher, les priver de lumière, les empoisonner…il existe de nombreuses manières d’éliminer les mauvaises herbes au potager. On peut même le faire tout en respectant l’environnement, car de plus en plus de techniques sont envisageables pour cela. Il faut toutefois y réfléchir à deux fois et se poser la question de leur intérêt. Loin d’être nocives, elles peuvent même être très utiles. Alors, apprenons à vivre avec !

Alexis Tonneau

Alexis, cinquième génération à la barre de Les Serres Tonneau depuis 2021, incarne l'innovation au sein d'une tradition familiale débutée en 1962. Formé en ingénierie, avec un parcours enrichi dans la cosmétique et la chimie de l'emballage, il a choisi de poursuivre l'œuvre de sa famille en embrassant les défis du jardinage moderne. Passionné par le lien entre l'homme et la nature, Alexis voit le jardinage comme un acte de pleine conscience, un moyen de ralentir et de se reconnecter à soi dans un monde rapide.

Sous sa direction, Les Serres Tonneau promeut une vision du jardinage durable, rejetant la surconsommation pour des serres simples, efficaces, et écologiques. Alexis défend la permaculture et l'agroécologie, envisageant un avenir où culture et jardinage riment avec respect de l'environnement.

À travers ses écrits, il partage sa conviction que des pratiques durables peuvent transformer notre relation à la terre, encourageant chaque jardinier à adopter une approche plus consciente et respectueuse. Alexis aspire à inspirer une nouvelle génération de jardiniers, guidés par les principes de durabilité et d'innovation, pour cultiver un avenir plus vert pour notre planète.