Mildiou : reconnaître les symptômes et agir au bon moment
Au potager, le mildiou peut arriver très vite. Quelques journées douces, beaucoup d’humidité, des feuilles qui restent mouillées trop longtemps… et les premières taches apparaissent sur les tomates ou les pommes de terre.
Sous serre, le risque ne disparaît pas. La pluie n’atteint pas directement les plants, mais la condensation, un feuillage trop serré ou un arrosage sur les feuilles peuvent créer les mêmes conditions.
Le plus important est donc de repérer les premiers signes, puis d’agir rapidement. Une attaque prise tôt se contrôle beaucoup plus facilement qu’un plant déjà entièrement atteint.

Qu’est-ce que le mildiou ?
Le mildiou n’est pas une seule maladie. Ce nom regroupe plusieurs maladies provoquées par des micro-organismes appelés oomycètes.
Ils ont longtemps été classés parmi les champignons, mais leur fonctionnement est différent. Pour le jardinier, ce détail compte surtout parce que toutes les plantes ne sont pas touchées par le même mildiou.
La tomate et la pomme de terre sont principalement concernées par Phytophthora infestants. La vigne, elle, est touchée par Plasmopara viticola.
On retrouve aussi différentes formes de mildiou sur les concombres, les courges, les melons, les laitues, les épinards, les oignons, les pois ou encore les haricots.
Autrement dit, un traitement valable pour une tomate ne s’applique pas automatiquement à toutes les plantes du jardin.
| Culture | Partie à surveiller |
|---|---|
| Tomate | Feuilles, tiges et fruits |
| Pomme de terre | Feuilles, tiges et tubercules |
| Vigne | Feuilles, rameaux et grappes |
| Courges et concombres | Principalement les feuilles |
| Laitues et épinards | Feuillage et jeunes pousses |
Comment reconnaître le mildiou ?
Le mildiou commence généralement par des taches sur les feuilles.
Elles sont souvent jaunes pâles, vert clair ou légèrement huileuses au début. Elles brunissent ensuite assez rapidement.
Retournez la feuille. Lorsqu’il fait humide, un léger duvet blanc ou grisâtre peut apparaître sous la zone touchée.
Sur les tomates, les symptômes ne restent pas toujours limités au feuillage. Les tiges peuvent présenter des marques brun foncé et les fruits développer des zones brunes, dures et irrégulières.
Sur les pommes de terre, le feuillage peut noircir très vite. Les tubercules présentent parfois des zones brunes à l’intérieur.
Une seule tâche ne suffit toutefois pas à confirmer le diagnostic. Une brûlure due au soleil, une carence ou une autre maladie peuvent produire des marques assez proches.
Avant d’intervenir, regardez plusieurs éléments.
- La tache s’agrandit-elle rapidement ?
- La face inférieure de la feuille présente-t-elle un duvet clair ?
- Les tiges commencent-elles à brunir ?
- Plusieurs plants voisins montrent-ils les mêmes symptômes ?
- Les feuilles restent-elles humides longtemps le matin ?
Le contexte météo apporte aussi beaucoup d’informations.
Le mildiou apprécie la douceur et l’humidité. Les périodes autour de 15 à 21 °C avec des nuits fraîches et humides lui sont particulièrement favorables.
Lorsque les feuilles restent mouillées plusieurs heures, le risque augmente. C’est pour cette raison que les épisodes de pluie prolongée ou les serres mal aérées demandent davantage de surveillance.

Pourquoi le mildiou apparaît-il aussi sous serre ?
On pourrait penser qu’une serre suffit à protéger les tomates du mildiou puisque la pluie n’atteint plus directement les feuilles.
En réalité, une serre mal ventilée peut retenir beaucoup d’humidité. Une serre tunnel protège les cultures de la pluie, mais elle doit être ouverte régulièrement pour évacuer la condensation.
Le matin, regardez simplement les parois et le feuillage. Si de grosses gouttes restent présentes longtemps après le lever du soleil, l’air circule probablement mal.
Ouvrez les portes, les côtés ou les pignons lorsque les conditions le permettent.
L’objectif n’est pas d’obtenir une serre parfaitement sèche. Il faut surtout éviter que les feuilles restent humides pendant des heures.
Comment prévenir le mildiou ?
La prévention repose surtout sur trois choses très simples. L’air, l’eau et l’espace entre les plants.
Nos serres à tomates
Aérez régulièrement la serre
Dès que le temps le permet, ouvrez la serre pour faire circuler l’air.
Après une nuit fraîche, la condensation peut être importante. Une ouverture matinale aide le feuillage à sécher plus vite.
Si votre serre reste fermée pendant une journée douce et ensoleillée, la température et l’humidité peuvent monter rapidement.
L’idéal est donc d’adapter les ouvertures à la météo plutôt que de suivre une règle fixe.
Arrosez directement au pied
Évitez autant que possible de mouiller les feuilles.
Un arrosage au pied ou un système de goutte-à-goutte apporte l’eau directement aux racines sans créer de projections sur le feuillage.
Vous pouvez retrouver différents équipements pour gérer l’arrosage sous serre.
Arrosez de préférence le matin. Le sol profite de l’eau pendant la journée et l’humidité a davantage de temps pour s’évacuer avant la nuit.
Espacez suffisamment les plants
Une plantation trop dense empêche l’air de circuler.
Pour les tomates peu taillées, gardez environ 80 cm à 1 m entre les plants lorsque vous disposez de suffisamment d’espace.
Sous la serre à tomates, on peut être tenté d’ajouter un rang ou quelques plants supplémentaires. Mais une serre trop remplie devient vite difficile à aérer, à palisser et à inspecter.
Il vaut souvent mieux avoir un peu moins de plants, mais pouvoir circuler facilement entre eux.
Les bons gestes avant une période humide
Lorsque plusieurs journées pluvieuses ou humides sont annoncées, profitez-en pour faire un petit tour du potager. Retirez les feuilles qui touchent directement la terre et vérifiez que les plants ne sont pas trop serrés.
Paillez également le sol. Cela limite les éclaboussures lors de l’arrosage et garde davantage d’humidité au niveau des racines.
Évitez en revanche de tailler fortement juste avant plusieurs jours de pluie. Une coupe fraîche crée une petite blessure sur la plante.
Pour organiser vos plantations dès le départ, notre guide consacré à comment cultiver des tomates sous serre vous aidera à prévoir les bonnes distances.
Pensez aussi à retirer les plants spontanés de pommes de terre ou de tomates qui poussent près de la parcelle. Ils peuvent entretenir la maladie d’une saison à l’autre.
Que faire dès les premières taches ?
Quand le mildiou apparaît, inutile d’attendre plusieurs jours pour voir ce qu’il se passe. Commencez par observer les plants voisins. Si seulement quelques feuilles sont atteintes, retirez-les avec un sécateur propre.
Placez-les directement dans un sac. Ne laissez pas les feuilles malades au sol et ne les mettez pas au compost.
Si la tige principale est largement touchée ou si presque tout le plant présente des symptômes, le mieux est de retirer la plante entière. Nettoyez ensuite le sécateur avant de passer au plant suivant.
Dans une serre, profitez-en aussi pour ouvrir davantage et réduire tout arrosage qui mouille le feuillage.
Bouillie bordelaise, bicarbonate ou purins, que faut-il vraiment utiliser ?
La bouillie bordelaise contient du cuivre. Elle peut limiter certaines contaminations lorsqu’elle est utilisée de manière préventive ou au début d’une attaque, à condition que son usage soit autorisé pour la culture concernée. Elle ne soigne toutefois pas une feuille déjà détruite.
Le cuivre s’accumule également dans le sol. Il faut donc respecter scrupuleusement les doses et les indications présentes sur l’étiquette. Le bicarbonate, le savon noir, les purins d’ortie ou les décoctions de prêle sont aussi souvent cités au jardin.
Ils peuvent faire partie des pratiques de prévention, mais aucun mélange maison ne remplace l’aération, la surveillance et l’élimination rapide des parties malades.
Avant d’utiliser un produit, même naturel, vérifiez toujours qu’il convient à la plante et à l’usage prévu.
Le mildiou reste d’ailleurs différent d’une maladie cryptogamique classique. Si vous souhaitez mieux comprendre ces problèmes, consultez notre article dédié.
Que faire après une attaque de mildiou ?
À la fin de la saison, ne laissez pas les plants malades se décomposer dans la serre ou dans le potager.
Retirez les feuilles, les tiges et les fruits touchés. Nettoyez également les tuteurs, les liens réutilisables, les outils et les bacs.
Sous serre, ramassez toutes les feuilles tombées au sol et vérifiez que l’eau s’évacue correctement.
Pour les pommes de terre, ne stockez que des tubercules parfaitement sains, secs et non blessés. Une pomme de terre atteinte peut dégrader rapidement celles qui l’entourent.
La rotation des cultures aide également à limiter les problèmes. Évitez de remettre chaque année les mêmes familles de légumes exactement au même endroit lorsque l’espace le permet.
Une serre empêche-t-elle complètement le mildiou ?
Non. Une serre protège les tomates et les autres cultures de la pluie directe, ce qui réduit déjà une source importante d’humidité sur les feuilles. Mais elle ne protège pas d’une mauvaise aération, d’un arrosage excessif ou d’une plantation trop dense.
La serre quatre saisons doit donc être pensée avec ses ouvertures, son système d’arrosage et la circulation entre les cultures. Les accessoires pour serre peuvent également aider à mieux gérer l’aération, l’arrosage ou l’organisation intérieure.
Le matériel facilite le travail, mais la surveillance reste votre meilleure protection.
Comment éviter que le mildiou revienne l’année suivante ?
Commencez par nettoyer correctement la zone après la récolte. Retirez tous les résidus malades et évitez de laisser des tomates ou des pommes de terre spontanées repousser au printemps suivant.
Changez l’emplacement des cultures lorsque vous le pouvez et renouvelez une partie du substrat dans les bacs qui ont été fortement touchés.
Au moment de planter, laissez davantage d’espace entre les pieds et prévoyez dès le départ une bonne circulation de l’air.

Le mildiou se combat rarement avec un seul geste. Il se limite surtout grâce à une succession de petites habitudes, comme arroser au pied, aérer la serre, observer régulièrement les feuilles et intervenir dès les premières taches.
Lorsqu’un été est chaud et sec, vous en entendrez peut-être à peine parler. Quand les nuits deviennent fraîches et humides, il faudra regarder les tomates d’un peu plus près.
Quelques minutes d’observation valent souvent beaucoup plus qu’un traitement lancé trop tard.
Tableau : quelle partie surveiller selon la culture ?

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